Le pétrole, et après ?
Le pétrole, et après ? Convertir en PDF Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 2
24-03-2009
Image
Photo AFP
On a pris conscience de sa valeur au fil du temps.
D’abord considéré comme insignifiant, le pétrole est devenu primordial. On assiste aujourd’hui à une véritable ruée vers l’or noir.
En ce début 2009, le pétrole est plus que jamais au centre de toutes les préoccupations. Les tensions qu’il crée, que ce soit en Guadeloupe, au Moyen-Orient ou dans le fin fond de la Sibérie, dépassent de loin les querelles de voisinage. Producteurs, consommateurs se le disputent quotidiennement sans prendre en compte sa disparition à venir.
Pourquoi le pétrole, si important est amené à disparaître ?
Pourrons-nous survivre sans pétrole ?
Comment le remplacer ?


Sommaire :

1. Revenons-en aux bases
2. Une consommation sans cesse croissante
3. Les exportateurs en manque de dope
4. Des substituts pour adoucir le sevrage
5. Bataille de chiffre


Dossier réalisé par Pauline Chabanis & Adrien Bouigue
 
Bataille de chiffres Convertir en PDF Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
22-03-2009
Pour les insouciants endurcis, la terre ne se videra pas de son pétrole. A l’inverse, certains alarmistes fatalistes voient dans la fin du pétrole l’apocalypse.
Mais selon Sheik Yamani, ministre saoudien « L’âge de la pierre ne s’est pas terminé par manque de pierre, l’âge de pétrole ne se terminera pas par manque de pétrole. »
Derrière lui, toute une lignée d’optimiste prévoit la chute de la production pétrolière entre 2030 et 2060. Les Etats, les grandes compagnies internationales (Total, Shell, BP, Exxon ou encore Sinopec) et l’Institut Français du Pétrole restent confiants. L’IFP parle de réserves prouvées au Canada et au Venezuela sous forme de sables bitumeux équivalentes à celles du Moyen-Orient. Steve Larter du département de géoscience de l’université de Calgary (Canada) ajoute que l’intervention de micro-organismes sur ces réserves pourrait retarder la fin du pétrole.
Ils ont tout faux d’après certains géologues et analystes qui dénoncent une falsification des chiffres sur les réserves pétrolières. Ainsi l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil) créée en 2000 par des experts européens en géologie estime que le pic pétrolier mondial pourrait intervenir vers 2015. Ils critiquent l’espoir démesuré des optimistes convaincus du progrès illimité de la science et des techniques. Les hommes politiques refusent selon eux d’ouvrir les yeux sur les conséquences de la disparition du pétrole : cela les obligerait à trouver des solutions qu’ils savent inexistantes. Le débat n’est pas clos, les objections fusent et aucun accord ne transparaît.
« L’avenir énergétique sera pluriel. » déclare Jean-Luc Wingert auteur de La vie après le pétrole.
 
Des substituts pour adoucir le sevrage Convertir en PDF Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
22-03-2009

Les gouvernements ont envisagé le remplacement de cette énergie par d’autres qui soient si possible plus propre à obtenir et dans des quantités illimitées. C’est l’ensemble nébuleux des énergies de substitution parmi lesquelles on compte les énergies renouvelables. On en parle à tort et à travers et on ne sait plus distinguer le faux du vrai. Il est donc temps de clarifier les choses. Ce sont des modes de production d’énergie qui utilisent des forces ou des ressources inépuisables. L’eau pour les barrages hydroélectriques, le vent pour les éoliennes, la lumière solaire pour les photopiles ou le chauffage. Ce dernier peut être également fourni par la chaleur des sources en profondeur, c’est le principe de la géothermie. Sans oublier les végétaux grâce auxquels on peut produire des combustibles pour chaudières ou des biocarburants automobiles. Leur production ne porte pas préjudice à la planète, mais a contrario leur utilisation pollue. Ce paradoxe empêche les biocarburants de faire l’unanimité. Pourtant, ils sont la seule source renouvelable de carburant liquide. Certains, comme le diester ou l’éthanol, remplacent ou complètent l’essence. D’autres s’incorporent tels quels dans les réservoirs, il s’agit des huiles végétales brutes issues du colza, du blé, du tournesol ou de la canne à sucre. Des chercheurs sont même sur le point d’utiliser le peuplier et les algues comme substitut énergétique du carburant. Malgré son illégalité, des consommateurs l’utilisent, en oubliant que cela peut accélérer la détérioration du moteur. Toutes ces énergies n’ont pas que des avantages. On utilise déjà beaucoup l’énergie nucléaire, conscient des dangers qu’elle implique (radiations, risque d’explosion), faut il prendre le risque d’aménager de nouvelles centrales ? Outre le non-esthétisme qui diverge selon les points de vue des barrages, des éoliennes, des panneaux solaires…la production de végétaux pour les biocarburants empiète sur les cultures vivrières. Il faut aussi prendre en compte que l’entretien des champs nécessite l’utilisation de pesticides et d’engins agricoles alimentés par le pétrole. Ainsi les gouvernements assurent leurs arrières par le développement de ces nouvelles énergies, mais ils doivent aussi faire front aux tensions qui résultent de l’importance de l’or noir.
Le pétrole a pris une place prépondérante dans la dynamique mondiale. Sa raréfaction accroît les tensions, déjà présentes au XXème siècle, entre consommateurs et producteurs ; entre l’occident et le Moyen-Orient.
Depuis 1974, l’OPEP doit faire face à la pression de l’Agence Internationale de l’énergie. L’AIE regroupe les principaux importateurs qui veulent réduire l’influence des pays exportateurs en vue d’une indépendance énergétique. Ils gardent un souvenir cuisant des embargos des années 1970. A l’heure actuelle, le pétrole est devenu une ressource stratégique à l’origine des nouvelles politiques de prépositionnement chinoise et américaine et de l’importance du contrôle des détroits par lesquels passent les pétroliers. Le détroit de Malacca pour la Chine et le détroit d’Ormuz pour les Etats-Unis constituent un véritable enjeu géopolitique. Leur « ambition pétrolière » ne s’arrête pas là. Tous deux mènent des opérations militaires afin de mettre le grappin sur de nouvelles zones pétrolifères. Ainsi l’Afghanistan et l’Irak sont occupés par les Etats-Unis et le Darfour par la Chine.

Entre prévisions et réalités, un schéma de l’après pétrole prend forme. Tout dépend maintenant de la date à laquelle surviendra le peak oil. On assiste à une confrontation d’idées entre les optimistes qui prévoient pour le pétrole encore de belles années, et les pessimistes alarmés par la situation.

 
Les exportateurs en manque de dope Convertir en PDF Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
22-03-2009

Les réserves mondiales de pétrole s’épuisent. Il reste sur Terre suffisamment de pétrole pour subvenir à nos besoins pendant les dix prochaines années, mais il est clair qu’elles ne sont pas infinies. On se rend compte que les gisements découverts aujourd’hui offrent moins de ressources que ceux dont l’exploitation touche à sa fin. Depuis 1981, on produit 3 à 4 fois plus de pétrole qu’on en découvre. Il est difficile de savoir s’il reste beaucoup de pétrole à découvrir ou pas. De plus, les données dont on dispose sont parfois déguisées par les pays producteurs qui ont souvent tendance à surévaluer leurs réserves. Il est important qu’ils gardent un attrait aux yeux des investisseurs. Les liens qui sont ainsi créés font fonctionner l’essentiel de leur économie.
L’évaluation des réserves peut porter à confusion puisque la notion est ambiguë. Elle est à nuancer selon le type de pétrole et le type de réserves. On distingue deux types de pétrole : le pétrole conventionnel est celui qu’on est à même d’extraire aujourd’hui avec les moyens dont on dispose. Le pétrole non-conventionnel quant à lui nécessiterait l’apparition de nouvelles technologies pour être exploité. Cette distinction est simple par rapport à celle qui nous attend pour les réserves. Aujourd’hui on différencie les réserves prouvées des réserves probables et possibles. Les réserves prouvées sont celles contenues dans des gisements connus : on peut les évaluer et les exploiter. Différentes sources comme la United States Geological Survey donne des chiffres qui vont de 140 à 180 milliards de tonnes. Les réserves probables sont les réserves de gisements connus qu’on a une chance sur deux de pouvoir exploiter un jour. On a d’une chance sur dix à une chance sur deux d’exploiter les réserves possibles. Aujourd’hui, 50% des réserves mondiales prouvées se situent au Moyen-Orient. Elles sont contrôlées par les pays de l’OPEP. Deux nouveaux eldorados attirent les convoitises : le Canada avec 178,8 milliards de barils en réserve en 2006, et la Russie qui en stockait 60 milliards. Viennent ensuite l’Afrique et l’Amérique qui possèdent des stocks de pétrole encore importants. Une lueur d’espoir, certains gisements sont encore à découvrir dans des zones peu explorées jusqu’à présent. Il est difficile de prévoir leur nombre et leur capacité et ils nécessitent pour la plupart qu’on trouve de nouvelles technologies pour être exploités. Si l’on prend en compte l’ensemble de ces réserves à découvrir, on parle de réserves ultimes.
Les plus gros consommateurs de pétrole sont ceux qui disposent des réserves les plus faibles. Le pétrole est acheminé vers ces pays sur de longues distances, ce qui a des inconvénients : le coût des transports ou encore un impact environnemental (les marées noires et les dégazages sauvages, par exemple). S’implanter à l’étranger pose également des problèmes : le coût de la construction des infrastructures et l’importante dépendance énergétique des pays consommateurs. Leur développement économique repose presque entièrement sur l’utilisation du pétrole qu’ils sont prêts à payer 100 dollars le baril. Ces prix avoisinent ceux atteints lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Il semblerait que nous devions faire face à une nouvelle crise, mais cette fois, les raisons sont différentes. Trois raisons essentielles peuvent expliquer la hausse des prix du baril. La demande mondiale de pétrole explose, notamment avec la Chine qui est rentrée dans une période d’expansion économique fulgurante. L’offre est instable, on le voit à travers les problèmes qu’encoure le numéro 1 russe Youkos menacé de faillite et de démantèlement alors qu’il produit 2 à 3% de l’offre mondiale ou encore via les différents conflits en Irak et au Moyen-Orient. Les infrastructures y sont d’ailleurs insuffisantes pour transformer tout le pétrole extrait.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres : alors que les pays importateurs râlent, les pays producteurs de l’OPEP et les firmes pétrolières se frottent les mains, la hausse des prix du pétrole augmente sensiblement leur chiffre d’affaire.
Toutefois sont rares ceux qui trouvent des avantages dans la crise pétrolière. La croissance mondiale est la première à en pâtir et ce à plusieurs niveaux. On risque tout d’abord une baisse des investissements des actionnaires qui peut conduire au final à un crack boursier global. Le dollar, monnaie d’échange pour le pétrole risque lui aussi de s’affaiblir. La délocalisation aussi sera touchée par les premiers impacts de la crise pétrolière : il reviendra moins cher de payer de la main d’œuvre occidentale que de payer le pétrole nécessaire à l’exportation et à l’importation des produits étranger. C’est pourquoi d’ici quelques dizaines d’années, certains produits comme les bananes et le cacao deviendront, comme autrefois pour les européens, des produits de luxe. Ne dramatisons pas, il faudrait que le pétrole soit de l’ordre de 100 fois plus cher qu’aujourd’hui. Dans la réalité, l’actualité nous montre que certains secteurs industriels tendent à être déstabilisés, et ce dès aujourd’hui. L’industrie du transport est extrêmement sensible au prix du pétrole. La disparition de l‘or noir, donc des différents carburants rendra le fonctionnement des véhicules impossible. Sans kérosène, les avions ne fonctionneront plus, sans essence ni gasoil les camions, les voitures et les tracteurs ne circuleront plus. Aéronautique, automobile, et agriculture sont donc fortement compromis. Comment alors faire perdurer la société telle que nous la connaissons actuellement sans le pétrole, si précieux ?
 
Une consommation sans cesse croissante Convertir en PDF Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
22-03-2009
Depuis la révolution industrielle la consommation d’énergie n’a de cesse d’augmenter. Cette évolution diffère selon les régions. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont poussé les gouvernements européens à mettre en place des politiques visant une dépendance moindre au pétrole. C’est pourquoi la demande énergétique est moins importante en Europe centrale qu’en Chine ou aux Etats-Unis où l’or noir est primordial. Avec 4,6% de la population mondiale, les Etats-Unis, premiers consommateurs avec l’Arabie Saoudite, exploitent à eux-seuls 25% de l’énergie de la planète. Malgré leur grande production de pétrole et de gaz, ils ne s’autosuffisent pas : ils importent plus de 16% de leurs approvisionnements en pétrole. Leur dépendance ne fait que se renforcer, ils prévoient même une augmentation de 33% de la consommation de pétrole. Le modèle américain tend à être reproduit dans de nombreux pays qui verront leur consommation s’accroître.
D’autres facteurs entrent en jeu : l’épuisement et la surévaluation des réserves de pétrole restantes, la demande de plus en plus importante d’énergie pour répondre aux besoins de l’évolution technologique, la réglementation de l’extraction du pétrole suite à des lois internationales pour la protection de l’environnement. On peut ainsi s’attendre à une disparition partielle puis globale de l’or noir.
Menace sur la croissance mondiale, accentuation du déséquilibre Nord/Sud, ruptures diplomatiques, situation critique pour les grandes firmes pétrolières, changement de comportement au quotidien, autant d’enjeux qu’il faut prendre en compte.
D’un point de vue politique, le pétrole, déjà au centre de nombreux débats, deviendra pomme de discorde, entraînant une compétitivité, la naissance de conflits, en bref un déséquilibre géopolitique.
Quoi qu’il en soit, le pétrole, déjà mentionné dans la Bible et utilisé dès l’Antiquité (ciment, cérémonies religieuses, médicaments, …) prend une place prédominante pendant la révolution industrielle avec le forage du colonel Drake en Pennsylvanie. Exploité dans de nombreux domaines, il est devenu indispensable à notre société à tel point qu’on a tendance à oublier sa rareté d’autant plus que les réserves s’épuisent considérablement au fil des années. Sa disparition entraîne de nouveaux enjeux économiques politiques et sociaux qui nécessitent une modification définitive des comportements humains à l’échelle mondiale, nationale et individuelle. Nous connaissons le monde avec le pétrole…et après ?
 

Podcast

Vidéos Hasard

© 2010 Web Info 2eme Annee
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.