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Les instances internationales sont motivées pour réussir à sauver le cyclisme du dopage. Il y a un peu plus d’un an, elles ont réussi à se mettre d’accord sur la mise en application d’un passeport biologique. Où en est-on aujourd’hui avec ce nouveau procédé de lutte antidopage ?
Le 24 février dernier, l’AMA (Agence mondiale antidopage) a dressé le premier bilan de l’utilisation de ce passeport biologique. En vigueur depuis fin 2007 dans le cyclisme, le directeur médical de l’AMA, Alain Garnier, s’est dit « satisfait » du passeport biologique, lors d’une réunion à Lausanne. Ce suivi médical a permis de modifier la lutte antidopage mais aussi le comportement des coureurs. Les sportifs s’impliquent réellement dans ce programme. La lutte contre le dopage est aussi leur problème. Ils doivent dire où il se trouve, quand et pourquoi. Pour certains, tenir au courant les instances de leur agenda est compliqué, mais la plupart pensent que c’est nécessaire. L’AMA, elle, en est convaincue.
« Trente d’entre eux sont suspects »
Côté résultat, on s’attendait à ce que des noms de cyclistes ou de skieurs circulent. Ce passeport biologique est aussi appliqué dans le ski. Non. Le processus indirect du procédé explique que, pour le moment, rien n’a filtré. Aucun cas n’a été révélé. Aucun nom n’a été dévoilé. Aucune sanction n’est tombée. Pourtant, ces résultats sont très attendus. Pat Mc Quaid et l’UCI patientent pour mettre en place des dossiers inattaquables sur les coureurs qui seraient concernés pour aller devant les tribunaux. Un des neuf experts travaillant pour l’UCI et sur ce passeport biologique, Robin Parisotto, aurait déclaré « L'UCI a prélevé et analysé plus de 1 000 échantillons sanguins dans le cadre du passeport biologique. Plus de trente d'entre eux sont suspects et pourraient mener à une suspension. » Mais cette information a tout de suite été démentie par l’UCI. L’instance mondiale de cyclisme précise tout de même qu’un « nombre limité de profils font (…) l'objet d'investigations complémentaires selon les plus strictes modalités scientifiques et juridiques requises par le programme du passeport biologique ». Pat Mc Quaid a signalé que des cas seraient révélés dans plusieurs semaines. L’attente est longue.
L’UCI et l’AFLD, enfin d’accord
Malgré des débuts difficiles, le passeport biologique a fait son chemin et est pratiquement entré dans les mœurs. Les choses se compliquent en France, pourtant le pays est très impliqué dans la lutte antidopage. Paris-Nice a encore eu chaud cette année. Cinq équipes étaient menacées par l’UCI de ne pas participer à la Course au soleil. Elles n’avaient pas payé leur première partie de leur contribution financière au passeport biologique. Tout a été réglé 48 heures avant le départ. Un autre problème a surgi avant le début de cette édition 2009 de Paris-Nice. L’an dernier, Paris-Nice et le Tour de France étaient sous l’égide de la France et non de l’UCI. Les contrôles antidopages étaient donc effectués par l’AFLD et ne rentraient pas dans le passeport biologique. Cette année, la donne a changé. Amaury Sport Organisation, société organisatrice de ces deux grandes courses cyclistes, et l’UCI se sont réconciliées. L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) veut prendre part à la chasse aux tricheurs à part entière. L’AFLD a eu peur de perdre son rôle. C’est elle qui a permis de déceler sept cas de dopage sur le Tour de France 2008. Cette année, L’AFLD continuera à effecteur les tests mais cette fois-ci, elle a collaboré avec l’UCI, grâce à l’accord trouvé entre les deux instances à deux jours du départ. L’UCI décide des coureurs à cibler et l’AFLD s’occupent de faire les contrôles. Cette collaboration pourrait bien se poursuivre lors du prochain Tour de France 2009 qui se déroulera du 4 au 26 juillet prochain.
Un avenir meilleur ?
Le cyclisme est l’une des disciplines qui luttent le plus contre le fléau qu’est le dopage. On l’a vu. Mais avec le nombre croissant d’affaires qui sortent, le public se lasse. Certains reste optimiste malgré tout. C’est le cas du docteur Neil Robinson, chercheur au laboratoire antidopage de Lausanne. Il envisage une évolution positive du cyclisme avec la généralisation du passeport biologique dont, pour lui, les vrais résultats seront observés réellement cette année. Même son de cloche du côté de Pat Mc Quaid, le président de l’UCI. Il assure que tout est fait pour que le dopage n’arrive que très rarement. Il l’affirme « un très grand nombre de coureurs affiche un profil normal. » Bonne nouvelle pour le cyclisme. Il évoluera peut-être désormais dans le bon sens. Le cyclisme en a marre d’être sali, il continue d’être éclaboussé par les affaires. Le cyclisme n’est pas encore mort. Le dopage arrivera-t-il à le tuer ? Pour le moment, ce n’est pas le cas. D’après Alexandre Callay, le directeur d’Eurodata TV Wolrdwide qui est une société mesurant l’audience des chaînes de télévision au niveau international, le Tour de France vit encore. (cf. soncallay, à la fin de l'article) Son audience reste considérable. Le Tour de France est un des plus grands évènements sportifs les plus regardés. L’explication tient que le public aime la dramatisation, les surprises, le spectacle que la Grande Boucle offre. Espérons qu’Alexandre Callay ait raison. L’avenir du cyclisme n’est peut-être pas aussi sombre qu’on pourrait le croire.
Alexandre Callay, directeur d’Eurodata TV Wolrldwide, au micro de Vanessa Juliet lors du 46e MIPTV de Cannes :
Le Tour de France est-il en danger ? Dopage, public, gros sous : sujet d'une émission du figaro.fr dans laquelle Jean-Julien Ezvan, journaliste sportif au Figaro et Pierre Ballester, auteur de Tempêtes sur le Tour (éd. du Rocher) ont débattu. Cette vidéo a été ajoutée le 2 juillet 2008 sur France 5 à quelques jour du Tour de France 2008. voir la vidéo
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